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  BF3, l'eSport éphèmère - Blog de DRUNKKZ3 13 Mars 2013 à 14:56:38


Un début plus que prometteur

 

Très attendu depuis quelques années, Battlefield 3 a rapidement su créer le buzz dès sa bêta avec pas moins de neuf millions de joueurs inscrits en septembre 2011 et une politique de communication virulante à coups de trailers et de bande annonce abondantes. Une promotion qui a évidemment porté ses fruits, puisque le jeu comptait déjà trois millions de précommandes quelques jours avant sa sortie. À ce stade, aucun doute possible, les grands fans de FPS en tout genre, invétérés de la série des Battlefield ainsi que les nouvellement initiés étaient bien présents et ceux peu importe la platforme.
 

 

 

ESL, How.to.eSport.

 

Quelques semaines avant la sortie de Battlefield 3, le site phare des grandes compétitions du sport électronique en Europe, "ESL" montrait clairement son envie de satisfaire une communauté de joueurs "eSport" au potentiel énorme. Avec près de 1000 équipes PC inscrites à travers l'Europe grâce au clan listing, ESL avait clairement entre les mains la communauté nécessaire pour que Battlefield 3 place le bout de son nez dans la liste des jeux ayant un potentiel eSportifs. Après quelques semaines d'attente, les premières cups ont vu le jour en Europe dans le format 4on4 Squad Rush hérité des Battlefield Bad Company et 8on8 Conquest, le mode de jeu provenant des Battlefield premiers du nom. Ces dernières ont été durant leurs premières éditions un réel succès avec pas moins de 128 équipes inscrites pour chacune des premières éditions. Par la suite, ESL Europe proposera régulièrement des cups mettant en avant le format 8on8 conquest tel que la cup B2K10K et les séries de Go4BF3 avec pas moins de 10000€ de prix.

 

 

En France cependant ce n'est qu'un mois après la sortie officielle du jeu qu'ESL proposera ses premières compétitions dans le mode 4on4 Squad Rush et le plus conventionel mode 5on5 Infantry que l'on connaît tous aujourd'hui. La France sera le premier pays à proposer un ruleset bien défini dès ses premières cups inspiré des anciens Battlefield et n'autorisant que les armes de base, aucun unlock mis à part quelques divers équipements et lunettes dans le seul but d'apporter un équilibrage au niveau des armes. De la même manière que les cups européennes, les cups françaises auront un grand succès durant les premières éditions et les règles françaises seront sans soucis acceptées par l'ensemble de la communauté française. Quelques semaines après ces coups d'essais pour ESL France, ASUS rentre dans l'affaire et propose en association avec ESL une série de ASUS RoG Tour Online cups avec à la clé différents périphériques pour joueurs.

 

 

Malgré des débuts prometteurs pour l'eSport sur Battlefield 3, de nombreuses divergences d'opinions viendront freiner le développement de l'eSport sur Battlefield 3. Ceci s'expliquant par le fait  que les joueurs et les équipes proviennent de divers horizons du monde des FPS. Ainsi on remarquera rapidement des conflits sur les ruleset adoptés en France ou en Europe ainsi que sur le mode de jeu 4on4 Squad Rush, 5on5 Infantry et 8on8 Conquest.

 

 

Pas d'events offline, pas d'eSport!

 

Cette règle s'applique bel et bien pour chaque nouveau jeu que l'on souhaiterait qualifier d'eSportif, les évènements offlines sont de loin le meilleur moyen de créer un réel environnement eSport et par conséquent un air bien plus sérieux à tout nouveau jeu qui souhaiterait se démarquer. Pour Battlefield 3, les premières "LAN"  sur PC verront le jour quelques mois après la sortie de Battlefield 3 grâce à la GAhalloween 2011, évènement permettant à Futurolan de mesurer le potentiel d'un jeu fraichement sortit pour éventuellement l'intégrer à sa Gamers Assembly annuelle au Futuroscope à Poitiers. Par la suite, l'association PyRo|GEN organisera son propre tournois, le PyRo|GEN Trophy composé de qualifications online et de phases finales offline au magasin Surcouf à Lille. En 2012, c'est Gamefrance qui à son tour organise la ClamArena2012, premier évènement mettant en compétition les équipes dominant une scène eSport tendant à doucement se dessiner sur Battlefield 3.

 


 Investissement + Communauté + Médiatisation = eSport

 

Aujourd'hui, si l'on s'en tient à cette équation pour mesurer le potentiel eSport d'un jeu alors la situation actuelle s'explique très facilement. Malgré des débuts laissant présager un bon futur pour Battlefield 3, certains facteurs viennent rapidement entâcher ces espoirs.
 

 

Investissement

 

Quand on parle d'investissement pour Battlefield 3, le sujet peut être assez flou. L'investissement apporté permettant le développement d'un titre eSportif est plus ou moins réparti en deux grandes lignes. L'un d'eux est humain, ce sont les personnes contribuant au développement des compétitions et donc de l'eSport. En général on y retrouve les associations/entreprises créant des évènements (tournois) online voir offline comme par exemple GameFrance, Futurolan ou encore Electronic Arts ainsi qu'ESL.


Le deuxième investissement est financier, aussi triste que cela peut parraître, un investissement financier est nécessaire comme d'ailleurs dans tout autre milieu de nos jours. Ce genre d'investissement permet évidemment aux évènements offline et online de pouvoir être proposé à la communauté eSport. Ce genre de financement est répartit dans l'organisation d'évènements en eux même ainsi que dans la répartition de la carotte nécessaire à l'affluence des joueurs, les lots ainsi que le cashprize. Un exemple concret d'investissement financier est celui d'Electronic Arts ainsi que ses partenaires (Razer, LDLC, Cooler Master, ASUS, NVDIA) durant la Coupe de France 2012 ainsi que durant le circuit Coupe de France qui est actuellement en cours.

L'intérêt de tels investissements est simple et vrai pour n'importe quel jeu, grâce à ceux-ci, l'eSport survit tant bien que mal dans le temps (Battlefield 3 est aujourd'hui un exemple concret avec le support d'Electronic Arts et la saison 2013 de la Coupe de France), tant que ces investisseurs seront présents, un jeu même peu médiatisé, peu populaire et ayant une faible communauté conservera quelques équipes se battant pour ce qui résulte des investissements en question.

En conclusion, tant que financement il y aura, eSport il y aura.

 

 

Communauté

 

Si on examine la communauté en général, tout pays confondu, on constate que l'eSport ne concerne qu'un pourcentage ridicule de joueurs. Battlefield 3 est un jeu possédant une communauté énorme qui a rapidement diminué au fil des mois ne laissant qu'en grande partie les passionnés du jeu. Rien de choquant dans tout cela, le cas étant le même pour n'importe quel autre jeu mais il est à noter que la communauté Battlefield n'est que peu concernée par l'eSport en comparaison de jeux comme Counter-Strike: Global Offensive ou encore Starcraft II où la communauté est bien plus orientée eSport que casual.

 

Là où c'est un peu plus intéressent c'est lorsque l'on aborde la communauté française sur Battlefield. En effet, grâce à la communication réalisée par Electronic Arts France (nb: Gregory Quest, Community Manager) au niveau eSport et l'investissement via des évènements tels que la Coupe de France Battlefield 3 tout simplement. Grâce à cela la communauté française est bien plus développée et s'intéresse bien plus à l'eSport que l'ensemble des autres pays et c'est un point que je tiens à féliciter et à encourager.

 

Annonce de Gregory Quest durant le Battlefield 3 All Stars au Showroom LDLC en juin 2012

 

 

Paradoxalement, la communauté eSportive française et européenne sur Battlefield 3 n'est pas exploitée au maximum de ses capacités dans le sens où il y a toujours eu un désaccord entre les joueurs venant de divers horizons avant d'arriver sur Battlefield 3 sur des sujets comme le mode de jeu utilisé en compétition. On retrouvait en grande partie le 8on8 Conquest au tout début de Battlefield 3 puis à côté de cela le 4on4 Squad Rush et 5on5 Infantry. Pour des raisons d'organisation lors d'évènements offline, la communauté et plus précisément la communauté française s'est tout doucement tournée vers du 5on5 Infantry laissant sur le banc de nombreux fans inconditionnels du 8on8 Conquest considérant que ce mode est l'essence même de Battlefield 3 et qu'il n'y a pas lieu de jouer sur un mode différent sans véhicules comme le 5on5 Infantry. Ce même choix s'est fait pour les joueurs 4on4. Résultat, une division des communautés réduisant le potentiel de joueurs eSport sur Battlefield 3. À côté de cela on retrouve une autre division de la communauté qui est venu tout doucement s'ancrer lors de la mise en place des règles françaises "no unlock, M16A3/ AK-74 only".

 

 

 

Médiatisation

 

Si on prend le sujet de manière générale et chronologique, Battlefield 3 a été un jeu énormément médiatisé et ce, dès sa version bêta. Durant ses débuts, on a assisté à une médiatisation orientée grand public ayant pour but final de promouvoir le jeu et non pas la scène eSport. Mais dans le coeur du sujet de la médiatisation eSport, Battlefield 3 souffre d'un grand problème qui est tout simplement le jeu en lui même.

 

Attendu depuis ses débuts, le mode spectateur qui aurait pu grandement contribuer à médiatiser l'eSport sur Battlefield 3 n'a jamais vu le jour et n'a été qu'un faux espoir pour les joueurs rêvant de rendre attractif la compétition sur le dixième opus de la série des Battlefield. Un développement du jeu donc très peu orienté eSport à l'ère où aujourd'hui le fait de mettre entre les mains des joueurs un toolkit eSport devient indispensable (exemple: Riot et League of Legends, Valve et Counter-Strike: Global Offensive etc...). On ne manquera pas d'ajouter à cela les modifications d'équilibrages quelques jours avant les évènements eSports (Gamers Assembly 2012) les divers glitchs et bugs en tout genre qui en grande partie n'ont jamais été corrigé. En définitif, l'eSport sur Battlefield 3 est loin d'être la priorité de DICE.

 

Un autre point négatif est le ruleset français (Oui oui, M16A3) qui a tout simplement rendu Battlefield 3 le jeu où une arme est bien au dessus des autres, la M16A3. L'interdiction d'utiliser d'autres armes mis à part l'AK-74 (plus difficile à maitriser et moins efficace que la M16A3) et le fait que le mode 5on5 Infantry oblige les joueurs à adopter une meta avec cinq medics a rapidement eu tendance à soulever les spectateurs de la petite scène eSportive sur Battlefield 3 avec des commentaires lors des évènements retransmis en ligne (Steps LDLC entre autre) qui typiquement soulignaient la monotonie qu'engendrait l'utilisation d'uniquement cette arme dans un jeu ayant la chance de proposer un nombre étonnant d'armes variées.

Tout n'est pas pour autant noir... Malgré les gros défauts que Battlefield 3 connaît d'un point de vu médiatique, il est important de souligner certains atouts qui font que BF3 ne s'en sort pas si mal. En effet, comme dit un peu plus haut, la France est le pays qui sans aucun doute aura réussi à créer un espoir d'eSport sur BF grâce notamment à Electronic Arts France et ses partenaires. L'investissement de ces derniers aura très largement contribué à médiatiser un minimum l'eSport sur Battlefield 3 avec une communication soutenue  de la scène eSport via Twitter et Facebook, des évènements retransmis en ligne devant des milliers de spectateurs, le tout propulsé par un partenariat avec jeuxvideo.com et LDLC, une Coupe de France 2012 qui a été une réussite sur PC, un championnant "All Stars" en fin de saison et une nouvelle Saison 2013 accueillant les joueurs console et avec toujours plus d'ambition. Sans conteste, les efforts fournis par EA France méritent encore une fois d'être applaudis et c'est ici que l'on retrouve une barrière entre volonté, possibilités et investissement, EA France tente de faire avec les moyens que donnent DICE à l'eSport d'exister, aucuns.

 

 

D'autres acteurs sont également à ne pas oublier. Quand la communauté se mêle à la cause de l'eSport, cela peu rapidement contribuer à la pérénnité de l'eSport. C'est le cas sur Battlefield 3 avec un trio de joueurs ayant commencé leur aventure sur Battlefield Bad Company 2 puis grandit sur le tout dernier opus de la série des Battlefield pour être aujourd'hui incontestablement reconnu comme des grands noms de BF3 sur youtube en France, Nubes, Celeborn et NeometrixX. Leur investissement à travers leurs vidéos a permis à de nombreux joueurs amateurs de découvrir ce qu'est l'eSport en France.

En plus de ces acteurs, on retrouve des projets communs soutenant l'eSport, je pense évidemment à l'exemple le plus récent, le Battlecafé, un projet à l'initiative de PyRo|GEN eSport propulsé par le trio de youtubeurs cité précédemment, un investissement supplémentaire visant à faire découvrir l'actualité de la scène eSport sur Battlefield 3.


 

 

Et maintenant?

 

En conclusion de la question "Battlefield 3 est-il un titre eSport?" la réponse est tout simplement non, malgré les efforts fournis par de nombreux acteurs et une communauté qui tant bien que mal reste solide, il est inconcevable de voir l'eSport Battlefield 3 survivre si DICE ne fait pas le nécessaire envers cette communauté de joueurs. Pour le moment, il reste quelques mois de survie à BF3 grâce au soutient d'Electronic Arts France et son circuit Coupe de France saison 2013 mais lorsque celui-ci sera terminé, Battlefield 4 pointera très rapidement le bout de son nez. À ce moment là tout espoir d'eSport sur BF3 aura disparu et il ne restera plus qu'à espérer que sur ce nouvel opus, DICE se tournera vraiment vers la communauté eSport de Battlefield...

 

DRUNKKZ3



Tags : #BF3 , # eSport , # EA , # Electronic Arts , # Battlefield 3 , # ESL ,




Grg

15 Mars 2013 à 21:10:46

Bel article DRUNKKZ3 ;)


15 Mars 2013 à 22:42:38

Très bon article drunkkz3


17 Mars 2013 à 14:19:58

nice ;)


18 Mars 2013 à 23:11:44

Très bon article !






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